Marcin Wroński, l’auteur des plusieurs romans policiers dont l’action se passe à Lublin, est un écrivain provenant de Lublin qui est en voyage. Il est arrivé à notre partenaire français, à Chartres. Voilà ses premières impressions sur le lieu. Nous vous invitons à la lecture !

Depuis quelques jours je me force à commencer un travail dur, je me force à passer des heures en écrivant une œuvre littéraire mais ce ciel bleu sans aucun nouage passe par les fenêtres de telle sorte qu’après un certain temps je ne puisse pas y résister et je me promène en ville. Et Chartres aime probablement quand je la regarde et même si je ne connais qu’une dizaine de mots en français (y compris quelques gros mots), je me sens ici comme chez moi. Peut-être parce qu’elle a quelque chose de Lublin- elle est si calme, avec des quartiers dispersés dans tous les coins. Elle est sûrement urbaine bien qu’il y ait pas plus de gens qu’à Świdnik, apparemment. Et en plus, elle a sa ruelle de Hartwig, ici appelée rue Saint-Pierre puisqu’il n’y a pas de Hartwig.

Que Dieu me pardonne, mais la cathédrale me fait irriter. Il ne s’agit pas de celle qui est vraie, qui se place comme un point de repère comme le Palais de la Culture à Varsovie à l’époque. Ce qui me fait irriter, c’est le fait que cette charmante ville fait mettre la cathédrale dans tous les gadgets possibles tandis que Dieu se sent mieux à l’église de St. Pierre, à mon avis, les fidèles se sentent mieux à l’église Saint-Aignon et les amoureux et les gras canards sauvages dans les recoins de la Basse Ville et au-dessus du canal de la rivière Eure où j’ai compris profondément pourquoi l’impressionnisme a été inventé justement par les Français.

Je ne suis pas venu ici pour peindre des paysages mais pour écrire une histoire criminelle ! Non que je ne sache pas le faire mais la spécialité de la maison engage… C’est pourquoi je me suis réjoui énormément en voyant la Rue du Massacre en Basse Ville, c’est-à-dire une rue plein de massacres, comme je le suppose. J’ai commencé à imaginer des scènes de crime et des cadavres flottant dans l’Eure, malheureusement un petit tableau contre le mur et le dictionnaire français-polonais m’ont profondément déçu : il n’y avait eu aucun massacre, il y avait seulement un abattoir.

Donc je regarde des paysages, je souris aux Françaises et si ça continue comme ça, je devrais changer de profession. Pas de cadavres à Chartres ! ou peut-être ? … « Aucuns cadavres à Chartres », c’est un bon titre…