Ma propre petite PRL. L’entretien (extraits)

Le 22 janvier après six mois de la vie dans la PRL (République Populaire de la Pologne), Witold
Szabłowski s’est connecté à l’Internet. Et il a vu une lettre dans laquelle quelqu’un le menacait à faire
un rapport à la poursuite parce qu’il tourmentait son enfant avec sa femme. Dans la PRL il n’y avait
pas de bananes donc nous avons expliqué à notre fille qu’on ne mangerait pas de bananes- a-t-il dit
Szabłowski. Comment on vivait dans la PRL ? L’entretien avec Witold Szabłowski, écrivain et reporter
qui s’est installé à Lublin dans le cadre de projet citybooks.

D’où l’idée de passer une demi-année à l’époque de la PRL ?

Je voulais essayer du journalisme incarné très connu aux Etats-Unis et en Allemagne et en Pologne
presque inconnu. J’ai déjà fait une expérience pareille, pendant deux semaines j’ai travaillé dans le
Tesco britannique, mais j’avais le sentiment tout le temps que « j’allais sur l’épiderme ».

Comment vous vous êtes préparés aux voyages dans la PRL ?

Nous avons dû recueillir des vêtements de la PRL, des jouets de cette période, des pots. Nous en
avons acquis grâce à nos amis. Il s’est avéré que beaucoup de personnes avaient le syndrome de
hamster dans la PRL. Quand on lançait une chose, ils en achetaient cinq et jusqu’à nos jours les
gens les gardent et les stockent dans les greniers. Les parents de mon amie de la fac avaient une
maison laissée par leurs parents et cette maison a été totalement remplie des choses de la PRL.
Nous pourrions choisir quelques sacs. J’ai trouvé par exemple un rasoir chouette fabriqué en RDA. Le
stockage a duré un an. Nous avons été très précis. Nous avons même complété des sous-vêtements
de cette époque-là.

Vous avez commencé votre expérience le 22 juillet ?

Nous avons déménagé dans l’appartement loué, le 15 juillet, mais avant que nous ayons mis les
choses dans les meubles, nous avons aménagé la cuisine, nous avons débranché l’internet. Cela nous
a pris quelques jours. Nous avons initié la vie dans la PRL au jour également important du point de
vue de Lublin.

Qu’est qui ont dit les voisins sur votre aménagement ?

Nous nous sommes installés à Ursynów, dans le quartier appelé Falklandy par les habitants. Nous avons décidé de ne pas informer les voisins que nous participions dans l’expérience concrète. Moi,
je me suis fait une moustache, ma femme s’est faite une permanente sur les cheveux, nous avons
commencé à vivre. Les réactions étaient différentes. On nous a commencés à traiter comme des
voleurs potentiels dans des supermarchés. Je me suis rendu compte quelques fois que le gardien
me surveillait ce qui ne m’est jamais arrivé dans les magasins du capitalisme. Ma femme a eu des
situations pareilles.

Il y a eu des réactions positives ?

On en a ressenti grâce à notre petite voiture jaune (Fiat 126p) de 1985 que nous la prenions. Les
voisins ont commencé à nous raconter des histoires sentimentales. « Oh, vous avez une petite
voiture. Je roulais la même quand j’ai rencontré ma future femme. Il s’est avéré qu’il y avait un
immense désir de raconter des histoires sur la PRL dans ces gens-là. C’était un bon temps de la
jeunesse pour de nombreuses personnes.

Pour préparer le déjeuner il fallait se donner de la peine, non ?

En matière de la nutrition, nous avons consulté un expert Błażej Brzostek qui a écrit un livre « PRL
à la fourchette ». Il nous a fait une liste de produits qui correspondaient à la qualité de produits
de la PRL. Il s’est avéré par exemple qu’il était possible jusqu’à nos jours d’acheter des produits
qui ressemblaient aux produits à base du chocolat. Nous prenions de la saucisse de l’époque, nous
mangions de la mortadelle panée au lieu de manger de la côtelette de porc. Nous livrions les produits
de la campagne ce qui était normal dans la PRL. Tout à coup il est devenu clair que nous mangions
mieux que dans le capitalisme. (…)

Il a été difficile de supporter six mois sans Internet ?

Professionnellement oui, c’était dur. Mais j’ai le sentiment que tout ce que j’ai écrit, même si cela
est né dans la douleur, a été plus précieux. Parce qu’au lieu de s’appuyer sur ce qui apparaît dans
Google, j’ai dû appeler un expert, trouver un livre à la bibliothèque, aller à l’archive. (…)

C’était un jeu ou quelque chose de plus ?

Notre projet est en quelques sortes un jeu. Bien sûr qu’il n’est pas possible de reconstruire le temps
de la PRL en trois personnes si tout le reste qui est autour de toi vit dans le capitalisme. A vrai dire
notre projet a eu pour le but de décrire le capitalisme. Nous nous somme retournés dans la période
de ce qui s’est passé il y a trente ans pour pouvoir avoir une perspective différente.

Différente de laquelle ?

Au lieu d’avoir une perspective de la Solidarité courageuse qui se battait avec les mauvais
communistes. Ou bien au lieu d’avoir une perspective à la Bareja où tout état amusant, où tout le
monde se riait du matin au soir. Aucune de ces perspectives n’est pas entièrement vraie.

Qu’est-ce que nous ignorons ?

35 millions de personnes qui vivaient différemment à l’époque de la PRL. Ils n’étaient pas héros, ils
n’avaient rien à rire. Ils vivaient, faisaient des courses, allaient au travail. Les enfants venaient au
monde. (…)

Le texte a été publié dans le journal DZIENNIK WSCHODNI